Mai 2026 : Nouveaux usages, nouveaux seuils de la RE2025

Matthieu LemaireCamille VivienGuillaume Lescoulier

Par Matthieu LEMAIRE, Growth Marketer · Camille VIVIEN, CEO · Guillaume LESCOULIER, Product Manager

Publié le 21/01/2025 · Mis à jour le 05/03/2026

8 min de lecture

miniature BIM 7 RE2025

Depuis le 1er janvier 2025, les bâtiments déjà soumis à la RE2020 (logements, bureaux, enseignement, etc.) doivent composer avec des seuils carbone nettement plus contraignants :

  • une baisse moyenne d’environ 15 % de l’Ic construction_max
  • une réduction beaucoup plus marquée de l’Ic énergie_max, pouvant atteindre 50 % selon les typologies et les systèmes énergétiques

Dans les faits, ces nouveaux plafonds ont obligé de nombreux acteurs à revoir leurs projets en cours de conception, parfois dès les phases APS ou APD. Les choix de morphologie, de structure, de matériaux et de systèmes énergétiques sont devenus encore plus dimensionnants, avec un risque accru de modifications tardives lorsque l’impact carbone n’est pas piloté suffisamment en amont.

Un cadre réglementaire défini par le décret de fin 2024

Le décret n° 2024-1258 du 30 décembre 2024, entré en vigueur au 1er janvier 2025, a déjà modifié en profondeur certaines règles de calcul de la RE2020, notamment :

  • les modulations applicables aux logements collectifs (surface de logement, surface de référence)
  • le traitement des équipements de production locale d’énergie

Ces ajustements ont renforcé la nécessité de piloter l’impact carbone comme un paramètre de conception à part entière, et non plus comme une vérification réglementaire en fin de parcours.

Les nouveaux usages RE2025 prévus pour mai 2026

Les nouveaux usages (hôtels, commerces, restaurants, établissements d’accueil de la petite enfance, médiathèques, bâtiments universitaires spécifiques, etc.) n’ont pas été soumis à des seuils carbone en 2025.

Leur application opérationnelle est attendue en mai 2026, avec des seuils carbone dédiés.

 

Voici les nouveaux usages qui pourraient voir le jour à partir de mai 2026, selon la DHUP.

  • Hôtels,
  • Restaurants,
  • Commerces,
  • Établissements d’accueil de la petite enfance (crèches, haltes garderies) notés de manière simplifiée « crèches »,
  • Bâtiments universitaires d’enseignement et de recherche et bâtiments d’enseignement atypiques (type conservatoire, école de cuisine, etc.) notés de manière simplifiée « universités »,
  • Médiathèques et bibliothèques,
  • Etablissement de santé (cabinets médicaux, hôpitaux, etc.) et EHPAD,
  • Gymnases, salles de sport et vestiaires,
  • Bâtiments à usage industriel et artisanal,
  • Aérogares.

Prévoyez dans vos programmations futures une conception environnementale pour ces usages.

Les seuils max_moyen RE2025 – RE2031

Pour mieux anticiper les évolutions à venir, vous avez la possibilité de consulter les futurs seuils proposés lors des consultations avec la DHUP. Ces seuils, pour le moment non officiels, seront validés une fois les textes réglementaires entrés en vigueur.

Seuils Icconstruction_max_moyen
Icconstruction_maxmoyen (kq éq. CO2/m²) 2022 à 2024 2025 à 2027 2028 à 2030 2031…
Logements individuels 640 530 475 415
Logements collectifs 740 650 580 490
Bureaux 980 810 710 600
Enseignements Primaires et Secondaires 900 770 680 590
Médiathèques 940 785 630
Universités 940 790 640
Hotels 820 680 540
Petite Enfance 950 780 630
Restaurants 800 670 540
Commerces 800 670 540
Vestiaires 1 050 900 750
Santé et sanitaire 880 760 620
Aérogares 1 120 950 780
Industrie 840 695 550
Sportif 900 760 620
Seuils Icénergie_max_moyen
Icénergie_maxmoyen (kq éq. CO2/m²) Année 2022 à 2024 Années 2025 à 2027 A partir de l'année 2028
1. Maisons individuelles ou accolées raccordées à un réseau de chaleur urbain 200 200 160
1. Maisons individuelles ou accolées – autres cas 160 160 160
2. Logements collectifs raccordés à un réseau de chaleur urbain 560 320 260
2. Logements collectifs – autres cas 560 260 260
3. Bureaux raccordés à un réseau de chaleur urbain 280 200 200
3. Bureaux – autres cas 200 200 200
4. et 5. Enseignement primaire ou secondaire raccordés à un réseau de chaleur urbain 240 200 140
4. et 5. Enseignement primaire ou secondaire – autres cas 240 140 140
6. Médiathèques et bibliothèques raccordés à un réseau de chaleur urbain 360 285 285
6. Médiathèques et bibliothèques – autres cas 285 285
7. Bâtiments universitaires d'enseignement et de recherche et bâtiments d'enseignements atypiques raccordés à un réseau de chaleur urbain 225 190 190
7. Bâtiments universitaires d'enseignement et de recherche et bâtiments d'enseignements atypiques – autres cas 190 190
8. Hôtels 0, 1 et 2 étoiles (partie nuit) raccordés à un réseau de chaleur urbain 490 390 390
8. Hôtels 0, 1 et 2 étoiles (partie nuit) – autres cas 390 390
9. Hôtels 3, 4 et 5 étoiles (partie nuit) raccordés à un réseau de chaleur urbain 485 350 350
9. Hôtels 3, 4 et 5 étoiles (partie nuit) – autres cas 350 350
10. Hôtels 0, 1 et 2 étoiles (partie jour) raccordés à un réseau de chaleur urbain 595 495 495
10. Hôtels 0, 1 et 2 étoiles (partie jour) – autres cas 495 495
11. Hôtels 3, 4 et 5 étoiles (partie jour) raccordés à un réseau de chaleur urbain 630 520 520
11. Hôtels 3, 4 et 5 étoiles (partie jour) – autres cas 520 520
12. Etablissements d'accueil de la petite enfance raccordés à un réseau de chaleur urbain 895 680 680
12. Etablissements d'accueil de la petite enfance – autres cas 680 680
13. Restaurants – en continu, 18 heures par jour, 7 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 670 570 570
13. Restaurants – en continu, 18 heures par jour, 7 jours sur 7 – autres cas 570 570
14. Restaurants – 1 repas par jour, 5 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 605 470 470
14. Restaurants – 1 repas par jour, 5 jours sur 7 – autres cas 470 470
15. Restaurants – 2 repas par jour, 7 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 705 570 570
15. Restaurants – 2 repas par jour, 7 jours sur 7 – autres cas 570 570
16. Restaurants – 2 repas par jour, 6 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 675 545 545
16. Restaurants – 2 repas par jour, 6 jours sur 7 – autres cas 545 545
17. Commerces raccordés à un réseau de chaleur urbain 315 315 315
17. Commerces – autres cas 315 315
18. Vestiaires seuls – raccordés à un réseau de chaleur urbain 1460 1120 1120
18. Vestiaires seuls – autres cas 585 585
19. Etablissements sanitaires avec hébergement – raccordés à un réseau de chaleur urbain 1155 890 890
19. Etablissements sanitaires avec hébergement – autres cas 330 330
20. Etablissements de santé (partie nuit) – raccordés à un réseau de chaleur urbain 575 490 490
20. Etablissements de santé (partie nuit) – autres cas 320 320
21. Etablissements de santé (partie jour) – raccordés à un réseau de chaleur urbain 615 365 365
21. Etablissements de santé (partie jour) – autres cas 230 230
22. Aérogares raccordés à un réseau de chaleur urbain 290 260 260
22. Aérogares – autres cas 260 260
23. Industries ou artisanats 3x8h 315 315
24. Industries ou artisanats 8h à 18h 110 110
25. Etablissements sportifs municipaux ou scolaires raccordés à un réseau de chaleur urbain 330 265 265
25. Etablissements sportifs municipaux ou scolaires – autres cas 150 150
26. Restaurants scolaires – 1 repas par jour, 5 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 570 445 445
26. Restaurants scolaires – 1 repas par jour, 5 jours sur 7 – autres cas 445 445
27. Restaurants scolaires – 3 repas par jour, 5 jours sur 7 raccordés à un réseau de chaleur urbain 615 485 485
27. Restaurants scolaires – 3 repas par jour, 5 jours sur 7 – autres cas 485 485
28. Etablissements sportifs privés raccordés à un réseau de chaleur urbain 535 420 420
28. Etablissements sportifs privés- autres cas 190 190

Limitation de l’impact carbone du lot 13 “Production locale d’énergie (Photovoltaïque)” à 20 kgCO₂eq/m²

Les installations de production locale d’énergie, comme les panneaux photovoltaïques, seront désormais plafonnées à un impact carbone maximal de 20 kgCO₂eq/m² dans l’indicateur Ic lot 13. Si leur impact réel dépasse cette limite, l’excédent sera transféré sous forme d’augmentation du seuil maximal de l’IC Construction, ce qui permet de ne pas pénaliser directement ce seuil.

Exemple concret :
Un projet de construction prévoit l’installation de panneaux photovoltaïques avec un impact carbone total de 30 kgCO₂eq/m² :

  • Ic lot 13 : L’impact pris en compte sera plafonné à 20 kgCO₂eq/m².
  • Les 10 kgCO₂eq/m² excédentaires seront ajoutés au seuil maximal de l’IC Construction, augmentant ainsi cette limite maximale pour compenser l’impact additionnel.

Valeur de Ic lot13Mipv
Si Ic lot13 < 20 kgCO₂eq/m²0
Si Ic lot13 > 20 kgCO₂eq/m²Iclot13-20

Les données par défauts ne sont plus avantagées

Avant 2025, les données par défaut bénéficiaient d’un avantage : lorsqu’elles dépassaient un certain seuil d’impact carbone, elles déclenchaient une modulation Mided, permettant d’augmenter le seuil maximal admissible. Par exemple, un logement collectif avec des données par défaut affichant un impact de 300 kgéqCO2/m² pouvait voir son seuil maximal majoré de 50 points.

Cependant, à partir de 2025, cet avantage disparaît. La modulation Mided sera supprimée, ce qui signifie que les projets prendront directement en compte 100 % de l’impact carbone des données par défaut, sans ajustement du seuil maximal. En résumé, les données par défaut ne bénéficient plus d’aucune compensation.

Les changements RE2025 pour les logements collectifs

Consolidation des seuils max

Le texte réglementaire introduit des seuils plus exigeants pour les logements collectifs, accélérant la transition vers des pratiques de construction bas carbone.

    Seuil Icconstruction_max_moyen

    • 2022 : Le seuil était fixé à 740 kgCO₂/m².
    • 2025 : Il est abaissé à 650 kgCO₂/m², une réduction ambitieuse de 12% exigeant des choix constructifs innovants.

      Seuil Icénergie_max_moyen

      • Logements raccordés à un réseau de chaleur urbain (RCU) : Seuil abaissé à 320 kgCO₂eq/m²/an.
      • Autres logements collectifs : Seuil réduit à 260 kgCO₂eq/m²/an, contre 560 kgCO₂eq/m²/an en 2022, soit 53%. Si on est pas connecté à un réseau de chaleur urbain, il sera plus difficile d’atteindre le seuil Ic énergie_max_moyen.

      Logement collectif

      IndicateurDepuis 2022À partir de 2025Baisse du seuil
      IC Construction740650-12%
      IC Énergie (raccordé à un réseau de chaleur urbain)560320-42%
      IC Énergie (autres cas)560260-53%

      Modulation de l’Icconstruction_max en fonction de la surface de référence totale (SHAB)

      À partir du 1er janvier 2025, un décret introduit de nouveaux coefficients pour moduler le seuil Ic construction_max en fonction de la surface de référence totale (Sref), équivalente à la SHAB pour les logements collectifs. Cette mesure vise à mieux prendre en compte les surfaces totales des bâtiments dans les calculs réglementaires.

      Le décret allège la pénalisation pour les bâtiments dont la surface de référence est inférieure à 1300 m², rendant ces projets moins contraints par les seuils carbone. En revanche, au-delà de 1300 m², la pénalité reste inchangée. Cette modulation peut atteindre une réduction maximale de -60 points sur le seuil Ic construction_max pour les petites surfaces.

      Recommandation :
      Pour optimiser vos projets, visez une surface proche de 1300 m² lorsque cela est possible. Cet ajustement répond à un besoin de favoriser les projets de petite taille, souvent impactés par des contraintes techniques ou spécifiques à leur typologie.

      Misurf_tot RE2025

      Modulation de l’Icconstruction_max en fonction de la surface moyenne des logements

      Le décret introduit également un coefficient de modulation destiné aux bâtiments comprenant des logements de petite surface moyenne, entre 10 m² et 40 m². Ce coefficient, appelé Misurf_moy, permet de compenser les contraintes spécifiques de ces logements en ajoutant jusqu’à 75 points au seuil Ic construction_max.

      Exemple concret :
      Les résidences étudiantes, avec des logements souvent compacts, sont particulièrement concernées. Ces bâtiments font face à des défis tels qu’une densité élevée d’équipements techniques (cuisines, salles d’eau individuelles), et un cloisonnement accru, nécessitant davantage de matériaux.

      Cette mesure vise à réduire la pénalisation pour ces projets et à mieux refléter les exigences de leur conception.

      Misurf_moy-RE2025

      Les changements RE2025 pour les maisons individuelles

      Consolidation des seuils max

      Seuil Icconstruction_max_moyen

      • 2022 : Le seuil était fixé à 640 kgCO₂/m².
      • 2025 : Il est abaissé à 530 kgCO₂/m², une réduction de 17%.

      Seuil Icénergie_max_moy

      En 2025, la RE2020 introduit une nouveauté pour les maisons individuelles : l’ajout d’un seuil progressif pour l’indicateur Ic énergie lorsqu’elles sont raccordées à un réseau de chaleur urbain.

      Jusqu’à présent, la notion de RESU s’appliquait uniquement aux bâtiments collectifs et tertiaires. Désormais, elle s’étend aux maisons individuelles, avec un seuil d’Ic énergie max moyen fixé à 200 kgCO₂/m².an, contre 160 kgCO₂/m².an pour les autres cas.

      Les maisons individuelles reliées à ces réseaux bénéficieront ainsi d’une certaine souplesse pour respecter les nouvelles exigences.

      Maison individuelle

      IndicateurDepuis 2022À partir de 2025Baisse du seuil
      IC Construction640530-17%
      IC Énergie160160-
      IC Énergie (raccordée à un réseau de chaleur urbain)160200-25%

      Modification du coefficient Mcgéo pour les maisons individuelles en zones H2d et H3

      Dans le cadre de la RE2025, le coefficient Mcgéo, qui influence le seuil IC Construction max, fait l’objet d’un ajustement spécifique de +0,05 pour les maisons individuelles situées dans les zones climatiques H2d et H3, caractérisées par des climats plus doux, où les maisons sont situées à moins de 400 m d’altitude. Les seuils IC Construction max deviennent légèrement plus favorables pour ces habitations, offrant une certaine flexibilité aux projets situés dans ces régions aux spécificités climatiques locales. 

      les-zones-climatiques-france

      Sources :

      https://rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr/textes-de-la-re2020-en-version-consolidee-mise-a-a617.html

      https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050873122

      https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=Jo1UJTY9SbF2fbpIwW8qSWPkqZOWKiRa2AJwomJYsrI=

       

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      Questions fréquentes

      Mon projet en cours respectait la RE2020, doit-il être revu pour la RE2025 ?
      Cela dépend de la date de dépôt du permis de construire, qui détermine le jeu de seuils applicable. Les projets concernés par les nouveaux seuils ont souvent dû être repris dès les phases APS/APD, car l'Ic construction et l'Ic énergie maximum deviennent plus exigeants. Le plus sûr est de refaire tourner l'étude carbone RE2020 du projet pour vérifier le respect des seuils en vigueur à la date de dépôt et identifier les lots à optimiser.
      Pourquoi les données environnementales par défaut deviennent-elles pénalisantes ?
      Les données par défaut (DED) sont volontairement majorées pour inciter à utiliser des données spécifiques aux produits réellement mis en oeuvre, comme les FDES et PEP. Avec le resserrement des seuils, s'appuyer largement sur ces valeurs par défaut peut suffire à faire dépasser l'Ic construction. Il devient donc utile, dès la conception, de substituer les données par défaut par des données produit dès qu'elles sont disponibles.
      Comment le lot 13 photovoltaïque est-il traité dans le calcul carbone ?
      L'évolution vise à limiter la part d'impact carbone que la production photovoltaïque peut venir compenser dans le bilan, afin que le photovoltaïque ne masque pas un manque de sobriété sur le reste du projet. Concrètement, l'effet bénéfique du lot 13 sur l'indicateur est encadré. Il reste donc pertinent de travailler d'abord les lots structurels les plus contributeurs avant de compter sur le photovoltaïque.
      Comment anticiper ces seuils plus contraignants sans alourdir le travail de conception ?
      L'enjeu est de pouvoir tester des variantes constructives tôt dans le projet, quand les arbitrages coûtent encore peu. Avec une étude carbone RE2020 basée sur le modèle BIM comme Beem Shot, l'IA AVA reconnaît les objets du modèle 3D et génère les métrés, que vous pouvez ensuite ajuster. Vous obtenez plus vite un ordre de grandeur des indicateurs Ic construction et Ic énergie, ce qui aide à orienter les choix dès l'APS sans refaire le métré à la main à chaque hypothèse.

      Merci d’avoir pris le temps de lire

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