Scope 1, 2 et 3

Les scope 1, 2 et 3 sont les trois perimetres qui structurent un bilan carbone : ils repartissent les emissions de gaz a effet de serre d’une organisation ou d’un projet selon leur origine. Le scope 1 regroupe les emissions directes, le scope 2 les emissions liees a l’energie achetee, et le scope 3 l’ensemble des emissions indirectes situees en amont et en aval, dont les materiaux de construction. Cette grille de lecture, issue du GHG Protocol, est aujourd’hui incontournable pour piloter une demarche bas carbone, en construction comme dans le secteur du batiment.

 

D’ou vient la decomposition en scope 1, 2 et 3

La distinction entre les trois scopes provient du GHG Protocol, le referentiel international de comptabilite carbone. Elle a ete reprise par la plupart des methodes nationales, notamment le Bilan Carbone de l’ADEME. L’objectif est d’eviter le double comptage et de clarifier les responsabilites : une meme tonne de CO2 equivalent ne doit etre comptee qu’une fois pour un acteur donne. Comprendre cette repartition est un prerequis pour construire un bilan carbone coherent et pour interpreter correctement une empreinte carbone.

 

Scope 1 : les emissions directes

Le scope 1 couvre les emissions directes generees par les sources detenues ou controlees par l’organisation. Sur un chantier, il s’agit par exemple du carburant brule par les engins, du fioul des groupes electrogenes ou du gaz consomme sur site. Ces emissions sont en general les plus simples a mesurer, car elles correspondent a des consommations physiques directement observables. Elles restent toutefois souvent minoritaires dans le bilan total d’un projet de construction.

 

Scope 2 : l’energie achetee

Le scope 2 regroupe les emissions indirectes associees a la production de l’energie achetee et consommee : electricite, chaleur ou vapeur fournies par un reseau exterieur. Ces emissions ne sont pas rejetees sur place, mais ailleurs, lors de la production de cette energie. Pour un batiment, le scope 2 recoupe une partie du carbone operationnel, c’est a dire les emissions liees a l’usage et a l’exploitation. La RE2020 encadre precisement ce poste via l’indicateur Ic energie.

 

Scope 3 : les emissions indirectes amont et aval

Le scope 3 est le perimetre le plus large et, dans le batiment, le plus determinant. Il rassemble toutes les autres emissions indirectes : extraction et fabrication des materiaux, transport, mise en oeuvre, mais aussi fin de vie et demolition. C’est dans ce scope que se loge l’essentiel du carbone incorpore d’un ouvrage. La quantification de ce poste s’appuie sur une analyse de cycle de vie, qui retrace les impacts environnementaux du produit ou du batiment sur l’ensemble de sa duree de vie. C’est aussi la que se concentrent les principaux leviers d’action des concepteurs, par le choix des materiaux et des solutions constructives.

 

Quel lien avec la RE2020 et l’etude carbone

La RE2020 ne reprend pas litteralement la terminologie scope 1, 2 et 3, mais la logique sous-jacente est tres proche. Elle distingue le carbone lie a la construction (Ic construction), qui recoupe largement le scope 3 amont, et le carbone lie a l’energie (Ic energie), proche des scopes 1 et 2 a l’echelle du batiment. Realiser une etude carbone reglementaire revient donc, en pratique, a quantifier ces differents perimetres pour un projet de construction. Pour aller plus loin sur cette articulation entre comptabilite carbone et reglementation, l’article immobilier bas carbone et RE2020 detaille les enjeux pour la maitrise d’ouvrage.

 

Pourquoi raisonner par scope en construction

Raisonner par scope permet de hierarchiser les efforts de reduction et d’identifier ou agir en priorite. Dans un projet de batiment, le scope 3 represente souvent la majorite des emissions, ce qui place le choix des materiaux et la sobriete constructive au coeur de la demarche. Cette approche par perimetre se combine naturellement avec les outils de quantification reglementaire et avec une conception attentive des le depart. Maitriser les scope 1, 2 et 3 donne ainsi aux concepteurs une vision complete de l’impact carbone d’un ouvrage, condition indispensable pour le reduire de maniere credible et verifiable.