Label « Bâtiment Biosourcé » 2024 : Quelles sont les nouveautés ?

Matthieu LemaireCamille Vivien

Par Matthieu LEMAIRE, Growth Marketer · Camille VIVIEN, CEO

Publié le 22/10/2024 · Mis à jour le 20/02/2026

6 min de lecture

miniature bim 3 label batiment biosourcé 2024

Le secteur de la construction joue un rôle central dans la lutte contre le changement climatique, et les matériaux biosourcés s’imposent comme des solutions durables pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments. En réponse à cette urgence écologique, le Label Batiment Biosourcé a franchi une étape décisive en 2024, avec des critères révisés qui mettent l’accent sur le carbone biogénique stocké dans les matériaux. Ce label, qui récompense l’utilisation de matériaux issus de la biomasse, s’aligne désormais pleinement avec la RE2020, une réglementation clé dans la transition vers des bâtiments bas carbone.

Dans cet article nous vous expliquons quels sont les nouveautés du Label Batiment Biosourcé 2024.

Le label Bâtiment biosourcé

Créé en 2012, le label Bâtiment Biosourcé valorise les constructions qui intègrent une proportion importante de matériaux biosourcés. Son objectif est de promouvoir des pratiques de construction respectueuses de l’environnement, en s’appuyant sur des ressources renouvelables telles que le bois, le chanvre, ou la paille. Le label repose sur un taux minimal de produits biosourcés, exprimé en kilogrammes par mètre carré de surface de plancher, avec trois niveaux de certification : bronze, argent et or.

Un nouveau focus : La quantité de carbone biogénique stocké

La révision majeure introduite au 1er septembre 2024 concerne l’évaluation de la quantité de carbone biogénique stocké dans les matériaux, en lieu et place de la masse de matériaux biosourcés.

Ce nouveau calcul, exprimé en kgC/m² SHAB (kilogrammes de carbone biosourcé stocké par mètre carré de surface habitable), permet une évaluation plus précise de la contribution des matériaux biosourcés à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049880757

Les nouveaux seuils de carbone biogénique

Les seuils de carbone biogénique définis par le label varient selon le type de bâtiment et sont répartis en trois niveaux :

Bâtiment d’habitation :

  • 1er niveau : 15 kg de carbone biogénique/m²
  • 2e niveau : 25 kg de carbone/m²
  • 3e niveau : 45 kg de carbone/m²

Bâtiments industriels, de stockage, et de services de transport :

  • 1er niveau : 4 kg de carbone/m²
  • 2e niveau : 6 kg de carbone/m²
  • 3e niveau : 9 kg de carbone/m²

Autres usages :

  • 1er niveau : 12 kg de carbone/m²
  • 2e niveau : 20 kg de carbone/m²
  • 3e niveau : 36 kg de carbone/m²

 

Ces nouveaux seuils permettent de mieux adapter le label aux réalités des différents types de projets tout en assurant une valorisation claire des bâtiments qui utilisent des matériaux à fort potentiel de séquestration de carbone.

Exigences supplémentaires

En plus des seuils de carbone biogénique, le label impose des critères sur la diversité des matériaux biosourcés utilisés :

  • 1er niveau : Utilisation de produits biosourcés remplissant au moins deux fonctions différentes
  • 2e niveau : Utilisation de produits biosourcés remplissant au moins deux fonctions différentes, dont l’isolation
  • 3e niveau : Utilisation de produits biosourcés remplissant au moins trois fonctions différentes, dont l’isolation

 Autres caractéristiques

  • Pour atteindre le 2e ou le 3e niveau du label, il n’est plus nécessaire de mettre en œuvre au moins deux familles de produits biosourcés.
  • Les matériaux biosourcés utilisés doivent répondre à des critères de qualité, notamment pour le bois et ses dérivés qui doivent être issus de forêts gérées durablement.

Qu’est-ce que le carbone biogénique ?

Le carbone biogénique désigne le carbone capturé par les plantes durant leur croissance, par le biais de la photosynthèse. Ce carbone est stocké dans les fibres des matériaux biosourcés comme le bois, le chanvre, ou le mycelium, et reste piégé tant que le matériau est en place. En construisant avec ces matériaux biosourcés, on crée des bâtiments qui deviennent eux-mêmes des puits de carbone, une stratégie naturelle pour compenser une partie des émissions de gaz à effet de serre générées par d’autres secteurs​​.

Le fait d’utiliser des matériaux biosourcés, au-delà de leur performance énergétique, permet de :

  • Séquestrer le carbone : Le carbone capturé par la biomasse reste stocké tout au long de la durée de vie du bâtiment, réduisant ainsi l’empreinte carbone des constructions.
  • Encourager des pratiques durables : Les matériaux biosourcés proviennent souvent de pratiques agricoles ou forestières durables, favorisant une gestion responsable des ressources naturelles.
  • Réduire l’impact des chaînes logistiques : Beaucoup de matériaux biosourcés sont produits localement, ce qui réduit les émissions liées au transport et limite l’énergie grise nécessaire à leur production​​.

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L’Importance des matériaux biosourcés dans la transition écologique

Les matériaux biosourcés ne se limitent pas à être de simples alternatives aux matériaux traditionnels. Ils apportent des réponses concrètes aux défis environnementaux actuels. Leur polyvalence leur permet d’intervenir dans de nombreux aspects du bâtiment : structures, façades, revêtements, isolation, et même des éléments techniques comme l’étanchéité. En adoptant ces matériaux, les projets immobiliers gagnent en performance environnementale, tout en respectant les objectifs de réduction des gaz à effet de serre fixés par la France.

Carbone biogénique et Stock C : Un alignement avec la RE2020

Dans la RE2020, la quantité de carbone biogénique stocké dans les matériaux est mesurée à travers l’indicateur Stock C. L’intégration de cet indicateur dans le label Bâtiment Biosourcé marque un alignement important avec la RE2020.

Ce rapprochement permet d’harmoniser les méthodes de calcul de la performance environnementale des bâtiments, en prenant en compte le stockage de carbone biogénique. Grâce à cet alignement, le label Bâtiment Biosourcé renforce sa pertinence et incite à l’utilisation de matériaux capables de séquestrer le carbone, contribuant ainsi aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur tout le cycle de vie des constructions.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le carbone biogénique et pourquoi compte-t-il pour le label Bâtiment biosourcé 2024 ?
Le carbone biogénique est le carbone capté par les plantes (bois, paille, chanvre, etc.) pendant leur croissance, puis stocké dans le matériau une fois mis en oeuvre dans le bâtiment. La version 2024 du label met l'accent sur cette quantité de carbone stockée, car elle traduit la capacité réelle des matériaux biosourcés à séquestrer du CO2 sur la durée de vie de l'ouvrage. C'est ce stockage qui rapproche le label de la logique de la RE2020.
Comment le label Bâtiment biosourcé 2024 s'articule-t-il avec la RE2020 ?
Les deux dispositifs valorisent le même mécanisme : le stockage de carbone dans les matériaux, traité dans la RE2020 via l'indicateur Stock C. Concrètement, le carbone biogénique stocké pris en compte par le label rejoint la logique de l'étude carbone RE2020, ce qui évite de raisonner sur deux référentiels déconnectés. Pour un projet, viser le label et optimiser l'indicateur carbone réglementaire deviennent des démarches cohérentes plutôt que concurrentes.
Comment intégrer concrètement les matériaux biosourcés dans une étude carbone RE2020 ?
Il faut quantifier les matériaux biosourcés présents dans le projet (quantités, données environnementales associées) puis les rattacher aux bons lots pour calculer leur contribution, y compris le carbone stocké. Avec un outil comme Beem Shot, l'étude carbone se construit à partir du modèle 3D : l'IA AVA reconnaît les objets du modèle et génère les métrés, que vous pouvez ensuite ajuster avant de finaliser les calculs. Cela fiabilise le recensement des matériaux, étape souvent fastidieuse quand on les compte manuellement.
À quel moment du projet faut-il anticiper le recours aux matériaux biosourcés ?
Le plus tôt possible, idéalement dès la conception : les choix de matériaux et de structure influencent fortement le bilan carbone et la quantité de carbone stockée, et ils sont difficiles à modifier en phase avancée. Réaliser une étude carbone RE2020 en amont permet de tester des variantes biosourcées et d'arbitrer en connaissance de cause. Architectes, bureaux d'études et maîtrise d'ouvrage ont ainsi intérêt à intégrer cette analyse dès les premières phases plutôt qu'en fin de projet.

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