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Open BIM

L’Open BIM désigne une approche collaborative du BIM (modélisation des données du bâtiment) fondée sur l’usage de formats ouverts et neutres, indépendants des éditeurs de logiciels. Promu par l’association internationale buildingSMART, il repose sur des standards publics comme l’IFC et le BCF qui permettent à tous les acteurs d’un projet de construction d’échanger leurs données sans être prisonniers d’une suite logicielle unique. L’objectif est double : garantir l’interopérabilité entre les outils, et assurer la pérennité des données bien au-delà de la durée de vie d’un logiciel.

 

Qu’est-ce que l’Open BIM, concrètement ?

L’Open BIM s’oppose à une logique de chaîne logicielle fermée, dite « closed BIM », où tous les intervenants doivent utiliser les outils d’un même éditeur pour pouvoir collaborer. Dans une démarche Open BIM, l’architecte, le bureau d’études structure, le bureau d’études fluides ou encore l’économiste peuvent chacun travailler avec le logiciel le mieux adapté à leur métier, puis partager leurs objets BIM via un format pivot commun. Cette neutralité technologique est au cœur de la philosophie portée par buildingSMART, qui développe et maintient les standards ouverts du secteur.

 

Quels sont les formats ouverts de l’Open BIM ?

Le pilier de l’Open BIM est le format IFC (Industry Foundation Classes), un schéma de données normalisé (ISO 16739) capable de décrire la géométrie et les propriétés sémantiques d’un bâtiment. Les versions les plus répandues sont l’IFC 2×3, historique et très largement supportée, et l’IFC 4, plus riche et plus précise. À côté de l’IFC, le format BCF (BIM Collaboration Format) sert à échanger des commentaires, des réserves et des points de coordination sans transférer toute la maquette. L’IFC est l’exemple type d’un format ouvert, dont la spécification est publique et librement implémentable par n’importe quel éditeur.

 

Pourquoi l’Open BIM est-il stratégique pour vos projets ?

Adopter l’Open BIM, c’est se prémunir contre l’enfermement propriétaire (« vendor lock-in ») : vos données restent lisibles et exploitables même si vous changez d’outil ou si un éditeur disparaît. Pour un maître d’ouvrage, cette pérennité est essentielle car un bâtiment se gère sur plusieurs décennies, bien au-delà des cycles de vie logiciels. L’Open BIM facilite également la constitution d’un modèle fédéré, où les maquettes des différents corps d’état sont superposées pour réaliser la détection de clash et fiabiliser la coordination technique. Cette démarche s’inscrit naturellement dans un environnement commun de données (CDE), qui centralise les échanges entre tous les intervenants.

 

Open BIM et norme ISO 19650

L’Open BIM ne se réduit pas à des formats de fichiers : c’est aussi une organisation méthodologique des échanges. La norme ISO 19650 structure la gestion de l’information tout au long du cycle de vie de l’ouvrage et s’appuie pleinement sur les standards ouverts. De son côté, le protocole BIM et la convention BIM précisent contractuellement les formats d’échange, les niveaux d’information attendus et les responsabilités de chaque acteur. C’est dans ce cadre que le BIM manager veille à ce que la production reste interopérable et conforme aux exigences Open BIM définies en amont. L’adoption de ces standards progresse rapidement, comme le montrent les indices de croissance du BIM en France et l’état de l’adoption du BIM en Europe et dans le monde.

 

Open BIM et ACV RE2020

Pour une analyse de cycle de vie conforme à la RE2020, l’Open BIM est un atout majeur. En récupérant directement les quantités depuis une maquette IFC, on automatise l’extraction des métrés et on fiabilise le calcul des indicateurs carbone, plutôt que de ressaisir manuellement les données. Cette continuité numérique entre la conception et l’évaluation environnementale est précisément ce qui permet de gagner en précision et en rapidité, un sujet détaillé dans notre article sur les usages et workflows des processus BIM et ACV. C’est cette approche BIM-first, fondée sur des formats ouverts, que Time To Beem met en œuvre pour transformer une maquette numérique en ACV RE2020 exploitable dès les premières phases de projet.

L’Open BIM est porté par buildingSMART, qui maintient les standards ouverts (IFC, BCF, IDS).