Label biosourcé
Le label biosourcé, officiellement appelé label « Bâtiment biosourcé », est une certification française qui valorise les bâtiments intégrant une quantité significative de matériaux biosourcés, c’est à dire des matériaux issus de la biomasse végétale ou animale (bois, paille, chanvre, ouate de cellulose, laine, etc.). Instauré par le décret du 19 décembre 2012 et son arrêté d’application, ce label reconnait les opérations de construction qui mobilisent ces ressources renouvelables, dont l’usage contribue à réduire l’empreinte carbone du secteur du bâtiment.
Ce que recouvre le label biosourcé
Le label distingue les bâtiments selon la masse de matières biosourcées incorporées, rapportée à la surface de plancher et exprimée en kilogrammes par mètre carré. Il s’applique aux constructions neuves comme à certaines opérations de rénovation, et concerne aussi bien le logement que les bâtiments tertiaires. Pour être éligible, une opération doit mobiliser une diversité de produits relevant de plusieurs familles (isolants, structure, revêtements), afin que la démarche ne repose pas sur un seul composant. Le label est délivré par des organismes certificateurs accrédités, sur la base d’un dossier justificatif et d’un contrôle des produits mis en oeuvre.
Les trois niveaux d’incorporation
Le label biosourcé est structuré en trois niveaux croissants, définis par des seuils de masse de matière biosourcée par mètre carré de surface de plancher. Ces seuils varient selon l’usage du bâtiment (maison individuelle, logement collectif, tertiaire), car la quantité de matière mobilisable diffère d’une typologie à l’autre. Le niveau 1 correspond au taux d’incorporation le plus accessible, tandis que le niveau 3 récompense les projets les plus engagés, souvent associés à une ossature bois ou à une construction bois complétée par des isolants végétaux. Cette gradation permet de valoriser une montée en compétence progressive des maitres d’ouvrage et des concepteurs.
Quels matériaux entrent dans le calcul
Le calcul s’appuie sur la masse de matière sèche d’origine biologique contenue dans les produits. Les principales familles concernées sont les isolants biosourcés (un isolant biosourcé tel que la ouate de cellulose, la fibre de bois ou la laine de chanvre), les éléments de structure en bois, les panneaux dérivés du bois, ainsi que certains revêtements et enduits végétaux. Chaque produit est caractérisé par une teneur en matière biosourcée, que l’on retrouve souvent documentée dans sa FDES ou dans la base INIES. Pour comprendre comment ces produits se répartissent, l’article sur la répartition des produits biosourcés de la base INIES apporte un éclairage utile.
Label biosourcé et performance carbone
L’intérêt du label dépasse la simple reconnaissance d’une démarche : les matériaux biosourcés présentent généralement un faible carbone incorporé et stockent du carbone biogénique pendant la vie du bâtiment, un effet quantifié par l’indicateur de stock carbone (stock C). Ces deux contributions jouent favorablement sur l’indicateur Ic construction de la RE2020, qui mesure l’impact carbone des composants sur l’ensemble du cycle de vie via l’analyse de cycle de vie. Un projet visant le label biosourcé s’inscrit donc naturellement dans une trajectoire de réduction d’empreinte carbone, sans pour autant garantir mécaniquement le respect des seuils réglementaires, qui dépendent de l’ensemble des choix constructifs.
Comment l’intégrer à un projet
Viser le label biosourcé suppose de l’anticiper dès la conception, au moment où l’on arbitre entre les systèmes constructifs. Le recours à la maquette numérique facilite ce travail, car elle permet de quantifier précocement les masses de matière et d’évaluer leur effet sur le bilan carbone. Le label peut se cumuler avec d’autres démarches de valorisation comme le label BBCA, orienté bâtiment bas carbone. Pour suivre l’actualité du dispositif et ses récentes évolutions, l’article Label bâtiment biosourcé 2024 : quelles sont les nouveautés détaille les changements à connaitre. Une étude carbone outillée, menée en parallèle de la démarche de labellisation, permet de sécuriser à la fois l’obtention du label et la conformité RE2020.