Plan BIM 2022

Le Plan BIM 2022 est le programme national lancé par l’État français pour généraliser l’usage du BIM (Building Information Modeling) et du numérique dans le secteur de la construction. Piloté par le ministère chargé du logement, il visait à faire de la maquette numérique une pratique courante, y compris pour les petites entreprises, à l’horizon 2022. Au-delà des discours, il a laissé des outils concrets encore utilisés aujourd’hui.

 

Qu’est-ce que le Plan BIM 2022 ?

Officialisé fin 2018 et déployé sur la période 2019-2022, le Plan BIM 2022 a pris la suite du Plan de transition numérique dans le bâtiment (PTNB, 2015-2018). L’État y a mobilisé environ 10 millions d’euros. Le programme reposait sur deux axes et huit actions, préparés avec le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique et les acteurs de la filière.

L’ambition tenait en une phrase : faire entrer tout le secteur, de la maîtrise d’ouvrage à l’artisan, dans l’ère de la maquette numérique. La démarche se voulait inclusive, avec une attention particulière portée aux TPE et PME, souvent les moins outillées pour franchir le pas du numérique.

 

Quels étaient ses objectifs ?

Le plan poursuivait trois buts complémentaires. Convaincre et embarquer l’ensemble des acteurs, d’abord, en montrant la valeur concrète du BIM. Outiller, ensuite, en produisant des ressources et des référentiels communs pour parler un langage partagé. Instaurer la confiance dans le numérique, enfin, en sécurisant juridiquement et techniquement le recours au BIM. Il s’appuyait pour cela sur l’openBIM et les formats interopérables comme l’IFC, ainsi que sur la convention BIM.

 

Les outils concrets légués par le Plan BIM

C’est sans doute l’apport le plus tangible du programme. Plusieurs outils gratuits, encore utilisés, en sont issus :

  • Kroqi : une plateforme collaborative gratuite (un environnement commun de données) lancée en 2018, pensée pour aider les TPE et PME à travailler ensemble autour de la maquette à toutes les phases du projet.
  • PO BIM et le dictionnaire PPBIM : une bibliothèque d’environ 300 objets BIM et un dictionnaire d’environ 3 200 propriétés décrites selon la norme PPBIM (NF XP P07-150), élaboré avec l’AFNOR, pour normaliser la donnée produit.
  • eveBIM : une visionneuse IFC gratuite du CSTB pour ouvrir et enrichir les maquettes.
  • Orélie : un outil d’aide à la rédaction des cahiers des charges BIM pour la maîtrise d’ouvrage, ainsi que des guides de recommandation dédiés.

 

Le rôle des appels à projets

L’une des huit actions du plan était dédiée aux appels à projets et aux expérimentations, destinés à faire émerger puis diffuser des solutions concrètes sur des cas réels. Time To Beem a par exemple été lauréat pour une méthodologie de réemploi des matériaux appuyée sur la maquette numérique, au service de l’économie circulaire dans un projet de rénovation.

 

Quel héritage aujourd’hui ?

Le Plan BIM 2022 a laissé un écosystème plus structuré : normalisation avec l’ISO 19650, généralisation des conventions et des cahiers des charges BIM, et une réelle montée en compétence des acteurs. Ses travaux ont été relayés en région par des clusters et des projets nationaux voisins comme MINnD pour les infrastructures, en lien avec buildingSMART France.

Depuis, le numérique s’est rapproché des enjeux carbone : la RE2020 impose une analyse de cycle de vie, et la maquette est devenue la source des quantités nécessaires à ce calcul. Nous avons documenté cette dynamique dans nos articles sur la croissance du BIM en France et sur les évolutions de la construction durable.

 

Pourquoi le Plan BIM compte pour la performance environnementale

En généralisant la maquette numérique et en normalisant la donnée produit, le Plan BIM a préparé le terrain de l’automatisation des études environnementales. Une maquette bien renseignée fournit les métrés fiables dont l’ACV a besoin, et alimente aussi les scénarios de réemploi et d’économie circulaire. Pour aller plus loin, consultez notre livre blanc sur le déploiement d’un outil d’estimation carbone et notre checklist RE2028.

 

Kroqi, la plateforme collaborative du plan

Parmi les réalisations les plus visibles du Plan BIM 2022 figure Kroqi, un environnement commun de données proposé gratuitement. Pensée d’abord pour les TPE et PME, souvent écartées des solutions payantes, la plateforme permet de déposer, partager et coordonner les maquettes et les documents d’un projet en un seul endroit. Elle matérialise l’ambition du plan : rendre le travail collaboratif autour de la maquette accessible à tous, quelle que soit la taille de la structure.

 

Le BIM et la commande publique

Le Plan BIM 2022 a aussi accompagné la montée du BIM dans la commande publique. Plutôt que d’imposer une obligation générale, il a privilégié l’incitation, l’outillage des maîtres d’ouvrage publics et la production de guides de recommandation. L’enjeu était de permettre à un maître d’ouvrage de demander du BIM dans ses marchés sans se tromper, en s’appuyant sur des référentiels communs plutôt que sur des exigences improvisées.

 

Et après le Plan BIM 2022 ?

À son échéance, le plan avait largement atteint son objectif de sensibilisation : le BIM est devenu une pratique courante en conception, et les outils qu’il a produits, de Kroqi à Orélie, restent utilisés au quotidien. La gouvernance s’est poursuivie pour ancrer ces acquis et entretenir la dynamique auprès de la filière. Le défi restant concerne surtout deux fronts : la diffusion vers les plus petites entreprises, encore inégale, et l’articulation du BIM avec les nouveaux enjeux du secteur, au premier rang desquels le carbone et la RE2020. C’est précisément à cette jonction, entre maquette numérique et étude environnementale, que se joue aujourd’hui la prochaine étape, et c’est là que se positionne Time To Beem.