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Formations en construction durable en France : le guide complet

Camille VivienMatthieu Lemaire

Par Camille VIVIEN, CEO et Matthieu LEMAIRE, Growth Marketer

15 min de lecture · Mis à jour le 25 septembre 2026

Carte des formations en construction durable en France

Les formations en construction durable se sont multipliées en France, du BUT au mastère spécialisé, dans toutes les régions. En effet, la RE2020, la rénovation énergétique et la décarbonation du bâtiment créent un besoin de compétences que le secteur peine à pourvoir.

Pour vous y retrouver, nous avons recensé et cartographié 159 formations qui préparent à la construction bas carbone, à l’analyse de cycle de vie et à la conception numérique du bâtiment. Ce guide complet répond aux questions que tout le monde se pose avant de choisir, à savoir les métiers, les salaires, le niveau, le financement, et la façon de trouver la bonne formation près de chez soi.

La carte des 159 formations, région par région

La carte ci-dessous situe 153 formations en métropole ; s’y ajoutent 3 formations d’outre-mer et 3 formations à distance ou multi-campus, accessibles par les deux boutons du panneau. Cliquez sur une région pour zoomer, filtrez par diplôme ou par école, ou cherchez directement une ville ou un établissement, puis cliquez sur une ville pour afficher le détail de ses formations.

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Pourquoi se former à la construction durable

Le bâtiment représente une part majeure des émissions de carbone du pays, et la réglementation le pousse à se transformer vite. Depuis la RE2020, les logements, bureaux et bâtiments d’enseignement neufs doivent faire l’objet d’une ACV RE2020, puis progressivement les autres bâtiments tertiaires, et les seuils carbone se durcissent par paliers en 2025, 2028 et 2031. Cette bascule crée un besoin massif de compétences nouvelles : calcul carbone, thermique, matériaux biosourcés, maquette numérique.

Côté emploi, la construction reste l’un des secteurs les plus en tension : d’après l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail, près de deux tiers des projets de recrutement y sont jugés difficiles, bien au-dessus de la moyenne nationale. La rénovation énergétique du parc existant ajoute par ailleurs une demande durable de compétences. En d’autres termes, se former à la construction durable, c’est viser un secteur qui manque de profils qualifiés.

Un ordre de grandeur parlant

L’observatoire OPEE recense plus de 130 000 ACV RE2020 par an en France. Chacune suppose des compétences carbone qui, il y a dix ans, n’existaient quasiment pas dans les cursus. Cette demande irrigue tous les métiers de la conception, du bureau d’études à l’agence d’architecture.

Les métiers, les débouchés et les salaires

Une formation en construction durable n’ouvre pas sur un seul métier, mais sur toute une chaîne, de la conception au chantier. Voici les principaux débouchés.

  • Ingénieur génie civil ou structure : conçoit et dimensionne l’ouvrage, arbitre les choix de matériaux et de systèmes constructifs.
  • Ingénieur ou chargé d’études thermiques et ACV : optimise la performance énergétique et pilote le calcul carbone, l’Ic construction et le respect des seuils RE2020.
  • BIM manager ou coordinateur BIM : structure et pilote la maquette numérique tout au long du projet.
  • Économiste de la construction : quantifie et chiffre le projet, prépare la consultation des entreprises.
  • Conducteur de travaux : pilote la réalisation sur le chantier et la bonne mise en œuvre des choix durables.
  • Architecte (via les ENSA) : conçoit le projet en intégrant l’empreinte carbone dès l’esquisse.
  • Dessinateur-projeteur ou technicien de bureau d’études : met le projet en plans et en quantités, accessible dès le BUT.
  • Métreur ou technicien études de prix : mesure les ouvrages et établit les quantités qui servent au chiffrage.
  • Ingénieur méthodes : organise et optimise l’exécution des travaux, planning et modes opératoires.
  • Chargé d’affaires : pilote un portefeuille de projets, de l’étude à la livraison, côté technique et commercial.

Côté rémunération, les fourchettes suivantes donnent un ordre de grandeur (salaires bruts annuels, source Batiactu Emploi 2026). Elles varient selon la région, la taille de la structure et le passage par l’alternance.

MétierRôleDébutant10 ans et +
Ingénieur génie civil / structureConçoit et dimensionne l’ouvrage37 000 €50 000 €
Ingénieur études thermiques et ACVCalcule l’énergie et le carbone35 800 €48 400 €
BIM manager / coordinateurPilote la maquette numérique39 200 €53 000 €
Économiste de la constructionQuantifie et chiffre le projet30 000 €40 500 €
Conducteur de travauxPilote la réalisation sur le chantier30 000 €40 500 €
ArchitecteConçoit le projet architectural26 400 €35 700 €
Dessinateur-projeteur / technicien BEMet le projet en plans (dès le BUT)28 000 €37 800 €
Métreur / technicien études de prixMesure les ouvrages et les quantités29 500 €39 900 €
Ingénieur méthodesOrganise et optimise l’exécution35 900 €48 500 €
Chargé d’affairesPilote des projets, technique et commercial35 000 €47 300 €

À retenir sur les salaires

L’Île-de-France paie en moyenne plus que le reste du territoire, et l’alternance améliore nettement l’employabilité à la sortie. Les profils qui maîtrisent à la fois le BIM et le calcul carbone sont particulièrement recherchés, car ils font le lien entre conception, chiffrage et conformité RE2020.

Les 8 familles de formations en construction durable

Derrière ces 159 formations, huit familles de diplômes se dégagent, résumées ci-dessous.

FamilleNiveauNbCe qu’elle forme
Écoles d’ingénieurs (filière génie civil)Bac+542Ingénieurs conception, structure, énergie et environnement du bâtiment
BUT Génie civil, construction durable (GCCD)Bac+328Techniciens supérieurs polyvalents du bâtiment et des travaux publics
ENSA, écoles d’architectureBac+521Architectes, avec un enseignement environnemental renforcé
Masters universitairesBac+513Spécialisations génie civil, énergétique, ville durable
Mastères spécialisésBac+613Experts construction bas carbone et bâtiment durable, en post-diplôme
Licences professionnellesBac+311Insertion rapide sur des spécialités BTP et efficacité énergétique
Formations dédiées au BIMVariable3Coordination et management de la maquette numérique, panorama complet dans notre carte des 96 formations BIM
DoctoratsBac+828Recherche en laboratoire : ACV, matériaux biosourcés, béton bas carbone, énergétique du bâtiment
Total159formations recensées

En pratique, ces familles se distinguent surtout par le niveau et le mode d’études. Le BUT, les licences professionnelles et une bonne partie des écoles d’ingénieurs se préparent en effet très souvent en alternance, ce qui finance les études et facilite l’insertion. Les mastères spécialisés (Bac+6) s’adressent aux diplômés qui veulent se spécialiser ou se reconvertir vers un poste d’expertise, tandis que les masters universitaires restent plus proches de la recherche. Les ENSA, enfin, forment les architectes, avec une place croissante donnée à l’ACV et au BIM.

À tous les niveaux, partout en France

Ces formations couvrent tout le spectre des diplômes, du Bac+3 (BUT et licences professionnelles) au Bac+8 (doctorat), en passant par les écoles d’ingénieurs, les écoles d’architecture, les masters et les mastères spécialisés (Bac+6). La construction durable ne se joue donc pas à un seul étage du parcours : elle se travaille du technicien supérieur jusqu’au chercheur.

La couverture est aussi géographique : les 13 régions métropolitaines sont concernées, ainsi que La Réunion et la Guyane. Il n’existe presque plus de région sans au moins une formation qui aborde sérieusement le carbone du bâtiment : se former à la construction durable n’oblige plus à monter à Paris.

Où se fait la recherche en construction durable

La carte comporte désormais une huitième famille, les doctorats. Elle ne recense pas des formations où l’on s’inscrit, mais les villes où des thèses portent sur la construction durable. C’est un signal utile : là où un laboratoire dirige des thèses sur l’analyse de cycle de vie, les matériaux biosourcés ou le béton bas carbone, des enseignants-chercheurs portent ces sujets dans les cursus voisins, et des sujets de stage ou de thèse sont à saisir.

Nous avons interrogé theses.fr, la base nationale des thèses, sur dix-huit sujets, de l’analyse de cycle de vie du bâtiment au réemploi des matériaux, en passant par la RE2020, la terre crue ou l’énergie grise. Depuis 2019, 768 thèses y correspondent, dont 328 en cours. Nous retenons les 28 villes qui en comptent au moins dix, en indiquant pour chacune le laboratoire le plus présent et son école doctorale.

Paris, Champs-sur-Marne avec le laboratoire Navier, Toulouse avec le LMDC et Grenoble concentrent à elles quatre plus du tiers de ces thèses. La carte montre aussi des pôles moins attendus : Béthune avec le LGCgE, Pau avec le SIAME, Clermont-Ferrand avec l’Institut Pascal.

Comment financer sa formation en construction durable

Le coût ne devrait pas être un frein : plusieurs dispositifs couvrent en effet la quasi-totalité des cas.

  • Formation initiale : dans le public (IUT, universités, ENSA, écoles d’ingénieurs publiques), les frais restent modestes ; les écoles privées sont plus chères mais souvent éligibles à l’alternance.
  • Alternance et apprentissage : l’entreprise et l’OPCO prennent en charge les frais de scolarité, et l’alternant est rémunéré. C’est la voie la plus fréquente en BUT, licence pro et école d’ingénieurs. Les offres se consultent par exemple sur La bonne alternance, le service de l’État dédié à l’alternance.
  • CPF : le compte personnel de formation finance de nombreuses formations continues et certifications, notamment courtes (BIM, thermique, ACV).
  • Reconversion : les dispositifs de transition professionnelle (Transitions Pro), la VAE et le plan de développement des compétences de l’employeur permettent de reprendre des études tout en sécurisant son parcours.

La formation continue en construction durable pour les professionnels en poste

Les 159 formations de la carte préparent surtout à un premier diplôme ou à une reconversion. Un architecte, un ingénieur de bureau d’études ou un économiste déjà en poste passe en revanche par la formation continue, c’est-à-dire des sessions courtes, de quelques heures à quelques jours, sur la RE2020, l’ACV, le BIM ou la rénovation énergétique.

Pour les architectes, elle est en effet obligatoire : l’Ordre des architectes impose 20 heures de formation par an, dont 14 heures de formations structurées, et contrôle cette obligation sur trois ans, soit 60 heures. Côté bureaux d’études, le besoin suit surtout l’évolution de la réglementation : chaque nouveau seuil, RE2025 puis RE2028, demande de mieux maîtriser l’ACV RE2020 et les matériaux bas carbone.

L’offre se répartit entre plusieurs types d’organismes : les centres de formation continue des architectes, comme le Gepa, présent à Paris et en région, la presse professionnelle, notamment Le Moniteur, les écoles d’ingénieurs et le Cnam, ainsi que le programme FEEBAT, qui forme la maîtrise d’œuvre à la rénovation énergétique et ouvre l’accès au signe RGE. Des industriels forment aussi à la prescription et à la mise en œuvre de leurs systèmes, par exemple en construction bois ou en isolation biosourcée.

Financer une formation continue

Les architectes libéraux passent par le FIF-PL, qui prend en charge les formations RE2020, bas carbone, BIM ou ACV. Les salariés des agences d’architecture relèvent de l’OPCO EP, ceux de la plupart des bureaux d’études de l’OPCO Atlas, en complément du plan de développement des compétences de l’employeur. Le CPF reste par ailleurs mobilisable pour toute formation certifiante.

Une formation est dite certifiante lorsqu’elle mène à une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique, tous deux tenus par France compétences. C’est en particulier cette inscription qui la rend finançable par le CPF. Vérifiez aussi que l’organisme est certifié Qualiopi : sans cette certification, ni le FIF-PL ni les OPCO ne prennent en charge la formation.

Se former à l’ACV RE2020 donne la méthode. La produire vite sur un projet réel demande en outre un outil adapté : Time To Beem génère les métrés à partir du modèle 3D, l’utilisateur les vérifie et garde la main, puis l’outil produit l’ACV RE2020. Nous présentons cette approche pour les architectes et pour les bureaux d’études, et la démonstration la montre en visio, avec un ingénieur qui connaît la RE2020.

Bien choisir sa formation en 5 critères

Face à 159 formations, quelques critères simples aident à trancher.

  1. Le métier visé : technicien de terrain, ingénieur de conception, économiste, expert carbone ou architecte n’appellent pas le même diplôme.
  2. Le niveau et la durée : Bac+3 pour une insertion rapide, Bac+5 ou +6 pour la conception et l’expertise.
  3. L’alternance : elle finance les études, rémunère et améliore l’insertion. À privilégier si le rythme vous convient.
  4. Le contenu réel : vérifiez la présence de l’ACV, du BIM et de la thermique dans la maquette pédagogique, ce sont les compétences les plus demandées.
  5. La proximité : la carte plus haut permet de filtrer par région et de comparer les établissements près de chez vous.

Un dernier point utile pour les enseignants comme pour les étudiants : rendre tangible le lien entre un modèle 3D, des quantités et un résultat carbone. C’est la logique de Time To Beem, qui génère les métrés depuis le modèle 3D, laisse l’utilisateur les vérifier, puis produit l’ACV RE2020, sans rien installer. Nous l’ouvrons aux écoles en licence éducative.

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Questions fréquentes

Quelles formations mènent aux métiers de la construction durable ?
À tous les niveaux : le BUT Génie civil, construction durable et les licences professionnelles du BTP (Bac+3), les écoles d’ingénieurs à filière génie civil et les écoles d’architecture (Bac+5), les masters universitaires (Bac+5), les mastères spécialisés en construction bas carbone ou en BIM (Bac+6) et le doctorat (Bac+8). Notre carte en recense 159.
Quel salaire dans la construction durable ?
Pour un ingénieur génie civil, la rémunération démarre autour de 37 000 € bruts par an et dépasse 50 000 € après dix ans. Un BIM manager débute vers 39 000 € et un économiste de la construction vers 30 000 € (source Batiactu Emploi, 2026). Ces montants varient selon la région (l’Île-de-France paie plus), la taille de l’entreprise et l’alternance.
Faut-il un Bac+5 pour travailler dans la construction bas carbone ?
Non. Le BUT et les licences professionnelles à Bac+3 ouvrent déjà des postes de technicien, de dessinateur-projeteur ou de conducteur de travaux. Le Bac+5 et le Bac+6 correspondent à des fonctions de conception, d’ingénierie ou d’expertise. Près d’un tiers des formations recensées sont de niveau Bac+3.
Peut-on se reconvertir dans la construction durable ?
Oui, c’est même l’un des secteurs porteurs pour une reconversion. Les licences professionnelles, les mastères spécialisés et la formation continue accueillent des profils en reprise d’études, souvent en alternance ou via la VAE (validation des acquis de l’expérience). Le CPF et les dispositifs de transition professionnelle peuvent financer le parcours.
Peut-on suivre ces formations en alternance ?
Très largement. L’apprentissage est répandu en BUT, en licence pro et dans de nombreuses écoles d’ingénieurs (INSA, Polytech, IMT, CESI…). L’alternance est rémunérée, les frais de scolarité sont pris en charge par l’entreprise ou l’OPCO, et l’insertion professionnelle y est généralement meilleure.
Qu’est-ce que le BUT GCCD ?
Le BUT Génie civil, construction durable est un diplôme en trois ans préparé en IUT, qui a remplacé l’ancien DUT. Il forme des techniciens supérieurs polyvalents du bâtiment et des travaux publics, avec un socle sur la performance énergétique et environnementale. C’est la famille de formations la plus représentée après les écoles d’ingénieurs.
Quelle formation pour devenir ingénieur ou BIM manager en construction durable ?
Pour devenir ingénieur, visez une école d’ingénieurs à filière génie civil (INSA, ESTP, Polytech, IMT, Centrale…) ou un master universitaire de génie civil. Pour le BIM management, un mastère spécialisé ou une formation BIM dédiée, souvent après un premier diplôme d’ingénieur ou d’architecte, est la voie la plus directe. Notre carte des formations BIM en recense 96 en France.
La RE2020 et l’analyse de cycle de vie sont-elles enseignées ?
Oui, et de plus en plus. L’analyse de cycle de vie et la réglementation environnementale figurent parmi les thèmes les plus fréquents des maquettes pédagogiques, aux côtés du BIM. Un diplômé récent a généralement été sensibilisé au calcul carbone du bâtiment pendant ses études.
La carte recense-t-elle des doctorats ?
Oui. Elle signale 28 villes où au moins dix thèses sur la construction durable ont été soutenues ou engagées depuis 2019, d’après theses.fr. Chaque fiche renvoie vers le laboratoire le plus présent sur ces sujets.
Peut-on se former à la construction durable quand on est déjà architecte ou ingénieur ?
Oui, par la formation continue : des sessions courtes sur la RE2020, l’ACV, le BIM ou la rénovation énergétique, proposées par les centres de formation des architectes, la presse professionnelle, les écoles d’ingénieurs ou le programme FEEBAT. Les architectes doivent en effet suivre 20 heures de formation par an. Le financement passe par le FIF-PL pour les libéraux, par l’OPCO de la branche pour les salariés, ou par le CPF pour une formation certifiante.
Comment trouver une formation près de chez moi ?
Utilisez la carte interactive en haut de l’article : cliquez sur votre région pour zoomer, puis sur une ville pour afficher les formations proposées, et filtrez par type de diplôme. Les formations couvrent les 13 régions métropolitaines, plus La Réunion et la Guyane.