Formations en construction durable en France : le guide complet
Les formations en construction durable se sont multipliées en France, du BUT au mastère spécialisé, dans toutes les régions. En effet, la RE2020, la rénovation énergétique et la décarbonation du bâtiment créent un besoin de compétences que le secteur peine à pourvoir.
Pour vous y retrouver, nous avons recensé et cartographié 159 formations qui préparent à la construction bas carbone, à l’analyse de cycle de vie et à la conception numérique du bâtiment. Ce guide complet répond aux questions que tout le monde se pose avant de choisir, à savoir les métiers, les salaires, le niveau, le financement, et la façon de trouver la bonne formation près de chez soi.
La carte des 159 formations, région par région
La carte ci-dessous situe 153 formations en métropole ; s’y ajoutent 3 formations d’outre-mer et 3 formations à distance ou multi-campus, accessibles par les deux boutons du panneau. Cliquez sur une région pour zoomer, filtrez par diplôme ou par école, ou cherchez directement une ville ou un établissement, puis cliquez sur une ville pour afficher le détail de ses formations.
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Pourquoi se former à la construction durable
Le bâtiment représente une part majeure des émissions de carbone du pays, et la réglementation le pousse à se transformer vite. Depuis la RE2020, les logements, bureaux et bâtiments d’enseignement neufs doivent faire l’objet d’une ACV RE2020, puis progressivement les autres bâtiments tertiaires, et les seuils carbone se durcissent par paliers en 2025, 2028 et 2031. Cette bascule crée un besoin massif de compétences nouvelles : calcul carbone, thermique, matériaux biosourcés, maquette numérique.
Côté emploi, la construction reste l’un des secteurs les plus en tension : d’après l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail, près de deux tiers des projets de recrutement y sont jugés difficiles, bien au-dessus de la moyenne nationale. La rénovation énergétique du parc existant ajoute par ailleurs une demande durable de compétences. En d’autres termes, se former à la construction durable, c’est viser un secteur qui manque de profils qualifiés.
Un ordre de grandeur parlant
L’observatoire OPEE recense plus de 130 000 ACV RE2020 par an en France. Chacune suppose des compétences carbone qui, il y a dix ans, n’existaient quasiment pas dans les cursus. Cette demande irrigue tous les métiers de la conception, du bureau d’études à l’agence d’architecture.
Les métiers, les débouchés et les salaires
Une formation en construction durable n’ouvre pas sur un seul métier, mais sur toute une chaîne, de la conception au chantier. Voici les principaux débouchés.
- Ingénieur génie civil ou structure : conçoit et dimensionne l’ouvrage, arbitre les choix de matériaux et de systèmes constructifs.
- Ingénieur ou chargé d’études thermiques et ACV : optimise la performance énergétique et pilote le calcul carbone, l’Ic construction et le respect des seuils RE2020.
- BIM manager ou coordinateur BIM : structure et pilote la maquette numérique tout au long du projet.
- Économiste de la construction : quantifie et chiffre le projet, prépare la consultation des entreprises.
- Conducteur de travaux : pilote la réalisation sur le chantier et la bonne mise en œuvre des choix durables.
- Architecte (via les ENSA) : conçoit le projet en intégrant l’empreinte carbone dès l’esquisse.
- Dessinateur-projeteur ou technicien de bureau d’études : met le projet en plans et en quantités, accessible dès le BUT.
- Métreur ou technicien études de prix : mesure les ouvrages et établit les quantités qui servent au chiffrage.
- Ingénieur méthodes : organise et optimise l’exécution des travaux, planning et modes opératoires.
- Chargé d’affaires : pilote un portefeuille de projets, de l’étude à la livraison, côté technique et commercial.
Côté rémunération, les fourchettes suivantes donnent un ordre de grandeur (salaires bruts annuels, source Batiactu Emploi 2026). Elles varient selon la région, la taille de la structure et le passage par l’alternance.
| Métier | Rôle | Débutant | 10 ans et + |
|---|---|---|---|
| Ingénieur génie civil / structure | Conçoit et dimensionne l’ouvrage | 37 000 € | 50 000 € |
| Ingénieur études thermiques et ACV | Calcule l’énergie et le carbone | 35 800 € | 48 400 € |
| BIM manager / coordinateur | Pilote la maquette numérique | 39 200 € | 53 000 € |
| Économiste de la construction | Quantifie et chiffre le projet | 30 000 € | 40 500 € |
| Conducteur de travaux | Pilote la réalisation sur le chantier | 30 000 € | 40 500 € |
| Architecte | Conçoit le projet architectural | 26 400 € | 35 700 € |
| Dessinateur-projeteur / technicien BE | Met le projet en plans (dès le BUT) | 28 000 € | 37 800 € |
| Métreur / technicien études de prix | Mesure les ouvrages et les quantités | 29 500 € | 39 900 € |
| Ingénieur méthodes | Organise et optimise l’exécution | 35 900 € | 48 500 € |
| Chargé d’affaires | Pilote des projets, technique et commercial | 35 000 € | 47 300 € |
À retenir sur les salaires
L’Île-de-France paie en moyenne plus que le reste du territoire, et l’alternance améliore nettement l’employabilité à la sortie. Les profils qui maîtrisent à la fois le BIM et le calcul carbone sont particulièrement recherchés, car ils font le lien entre conception, chiffrage et conformité RE2020.
Les 8 familles de formations en construction durable
Derrière ces 159 formations, huit familles de diplômes se dégagent, résumées ci-dessous.
| Famille | Niveau | Nb | Ce qu’elle forme |
|---|---|---|---|
| Écoles d’ingénieurs (filière génie civil) | Bac+5 | 42 | Ingénieurs conception, structure, énergie et environnement du bâtiment |
| BUT Génie civil, construction durable (GCCD) | Bac+3 | 28 | Techniciens supérieurs polyvalents du bâtiment et des travaux publics |
| ENSA, écoles d’architecture | Bac+5 | 21 | Architectes, avec un enseignement environnemental renforcé |
| Masters universitaires | Bac+5 | 13 | Spécialisations génie civil, énergétique, ville durable |
| Mastères spécialisés | Bac+6 | 13 | Experts construction bas carbone et bâtiment durable, en post-diplôme |
| Licences professionnelles | Bac+3 | 11 | Insertion rapide sur des spécialités BTP et efficacité énergétique |
| Formations dédiées au BIM | Variable | 3 | Coordination et management de la maquette numérique, panorama complet dans notre carte des 96 formations BIM |
| Doctorats | Bac+8 | 28 | Recherche en laboratoire : ACV, matériaux biosourcés, béton bas carbone, énergétique du bâtiment |
| Total | 159 | formations recensées | |
En pratique, ces familles se distinguent surtout par le niveau et le mode d’études. Le BUT, les licences professionnelles et une bonne partie des écoles d’ingénieurs se préparent en effet très souvent en alternance, ce qui finance les études et facilite l’insertion. Les mastères spécialisés (Bac+6) s’adressent aux diplômés qui veulent se spécialiser ou se reconvertir vers un poste d’expertise, tandis que les masters universitaires restent plus proches de la recherche. Les ENSA, enfin, forment les architectes, avec une place croissante donnée à l’ACV et au BIM.
À tous les niveaux, partout en France
Ces formations couvrent tout le spectre des diplômes, du Bac+3 (BUT et licences professionnelles) au Bac+8 (doctorat), en passant par les écoles d’ingénieurs, les écoles d’architecture, les masters et les mastères spécialisés (Bac+6). La construction durable ne se joue donc pas à un seul étage du parcours : elle se travaille du technicien supérieur jusqu’au chercheur.
La couverture est aussi géographique : les 13 régions métropolitaines sont concernées, ainsi que La Réunion et la Guyane. Il n’existe presque plus de région sans au moins une formation qui aborde sérieusement le carbone du bâtiment : se former à la construction durable n’oblige plus à monter à Paris.
Où se fait la recherche en construction durable
La carte comporte désormais une huitième famille, les doctorats. Elle ne recense pas des formations où l’on s’inscrit, mais les villes où des thèses portent sur la construction durable. C’est un signal utile : là où un laboratoire dirige des thèses sur l’analyse de cycle de vie, les matériaux biosourcés ou le béton bas carbone, des enseignants-chercheurs portent ces sujets dans les cursus voisins, et des sujets de stage ou de thèse sont à saisir.
Nous avons interrogé theses.fr, la base nationale des thèses, sur dix-huit sujets, de l’analyse de cycle de vie du bâtiment au réemploi des matériaux, en passant par la RE2020, la terre crue ou l’énergie grise. Depuis 2019, 768 thèses y correspondent, dont 328 en cours. Nous retenons les 28 villes qui en comptent au moins dix, en indiquant pour chacune le laboratoire le plus présent et son école doctorale.
Paris, Champs-sur-Marne avec le laboratoire Navier, Toulouse avec le LMDC et Grenoble concentrent à elles quatre plus du tiers de ces thèses. La carte montre aussi des pôles moins attendus : Béthune avec le LGCgE, Pau avec le SIAME, Clermont-Ferrand avec l’Institut Pascal.
Comment financer sa formation en construction durable
Le coût ne devrait pas être un frein : plusieurs dispositifs couvrent en effet la quasi-totalité des cas.
- Formation initiale : dans le public (IUT, universités, ENSA, écoles d’ingénieurs publiques), les frais restent modestes ; les écoles privées sont plus chères mais souvent éligibles à l’alternance.
- Alternance et apprentissage : l’entreprise et l’OPCO prennent en charge les frais de scolarité, et l’alternant est rémunéré. C’est la voie la plus fréquente en BUT, licence pro et école d’ingénieurs. Les offres se consultent par exemple sur La bonne alternance, le service de l’État dédié à l’alternance.
- CPF : le compte personnel de formation finance de nombreuses formations continues et certifications, notamment courtes (BIM, thermique, ACV).
- Reconversion : les dispositifs de transition professionnelle (Transitions Pro), la VAE et le plan de développement des compétences de l’employeur permettent de reprendre des études tout en sécurisant son parcours.
La formation continue en construction durable pour les professionnels en poste
Les 159 formations de la carte préparent surtout à un premier diplôme ou à une reconversion. Un architecte, un ingénieur de bureau d’études ou un économiste déjà en poste passe en revanche par la formation continue, c’est-à-dire des sessions courtes, de quelques heures à quelques jours, sur la RE2020, l’ACV, le BIM ou la rénovation énergétique.
Pour les architectes, elle est en effet obligatoire : l’Ordre des architectes impose 20 heures de formation par an, dont 14 heures de formations structurées, et contrôle cette obligation sur trois ans, soit 60 heures. Côté bureaux d’études, le besoin suit surtout l’évolution de la réglementation : chaque nouveau seuil, RE2025 puis RE2028, demande de mieux maîtriser l’ACV RE2020 et les matériaux bas carbone.
L’offre se répartit entre plusieurs types d’organismes : les centres de formation continue des architectes, comme le Gepa, présent à Paris et en région, la presse professionnelle, notamment Le Moniteur, les écoles d’ingénieurs et le Cnam, ainsi que le programme FEEBAT, qui forme la maîtrise d’œuvre à la rénovation énergétique et ouvre l’accès au signe RGE. Des industriels forment aussi à la prescription et à la mise en œuvre de leurs systèmes, par exemple en construction bois ou en isolation biosourcée.
Financer une formation continue
Les architectes libéraux passent par le FIF-PL, qui prend en charge les formations RE2020, bas carbone, BIM ou ACV. Les salariés des agences d’architecture relèvent de l’OPCO EP, ceux de la plupart des bureaux d’études de l’OPCO Atlas, en complément du plan de développement des compétences de l’employeur. Le CPF reste par ailleurs mobilisable pour toute formation certifiante.
Une formation est dite certifiante lorsqu’elle mène à une certification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique, tous deux tenus par France compétences. C’est en particulier cette inscription qui la rend finançable par le CPF. Vérifiez aussi que l’organisme est certifié Qualiopi : sans cette certification, ni le FIF-PL ni les OPCO ne prennent en charge la formation.
Se former à l’ACV RE2020 donne la méthode. La produire vite sur un projet réel demande en outre un outil adapté : Time To Beem génère les métrés à partir du modèle 3D, l’utilisateur les vérifie et garde la main, puis l’outil produit l’ACV RE2020. Nous présentons cette approche pour les architectes et pour les bureaux d’études, et la démonstration la montre en visio, avec un ingénieur qui connaît la RE2020.
Bien choisir sa formation en 5 critères
Face à 159 formations, quelques critères simples aident à trancher.
- Le métier visé : technicien de terrain, ingénieur de conception, économiste, expert carbone ou architecte n’appellent pas le même diplôme.
- Le niveau et la durée : Bac+3 pour une insertion rapide, Bac+5 ou +6 pour la conception et l’expertise.
- L’alternance : elle finance les études, rémunère et améliore l’insertion. À privilégier si le rythme vous convient.
- Le contenu réel : vérifiez la présence de l’ACV, du BIM et de la thermique dans la maquette pédagogique, ce sont les compétences les plus demandées.
- La proximité : la carte plus haut permet de filtrer par région et de comparer les établissements près de chez vous.
Un dernier point utile pour les enseignants comme pour les étudiants : rendre tangible le lien entre un modèle 3D, des quantités et un résultat carbone. C’est la logique de Time To Beem, qui génère les métrés depuis le modèle 3D, laisse l’utilisateur les vérifier, puis produit l’ACV RE2020, sans rien installer. Nous l’ouvrons aux écoles en licence éducative.
Merci d’avoir pris le temps de lire







