Label E+C- (Énergie positive et Réduction Carbone)

Le label E+C- (Énergie positive et Réduction Carbone) est un dispositif expérimental français. Lancé fin 2016, il a été porté jusqu’en 2020. Pour la première fois, il évaluait ensemble la performance énergétique et l’empreinte carbone des bâtiments neufs. Concrètement, il servait de preuve de concept grandeur nature. Ainsi, les pouvoirs publics et les professionnels ont pu tester sur des projets réels les méthodes de calcul. Ensuite, ces méthodes sont devenues obligatoires avec la RE2020. De ce fait, ce label constitue le chaînon historique entre la RT2012, centrée sur l’énergie seule, et la réglementation environnementale actuelle, qui ajoute le carbone.

 

Qu’est-ce que le label E+C- ?

Le sigle se lit en deux volets complémentaires. D’abord, « Énergie positive » (E+) évalue la consommation du bâtiment. De plus, ce volet mesure sa capacité à produire de l’énergie, dans la logique BEPOS. Ensuite, « Réduction Carbone » (C-) mesure les émissions de gaz à effet de serre sur tout le cycle de vie. Pour cela, il s’appuie sur une analyse de cycle de vie. Par ailleurs, le label E+C- restait volontaire. Un maître d’ouvrage pouvait donc le viser pour valoriser une opération vertueuse, sans aucune contrainte. Cette logique d’adhésion a constitué un large échantillon de projets test. Surtout, cet échantillon a permis de calibrer les futurs seuils.

 

Comment fonctionnait l’évaluation énergétique et carbone ?

Sur le plan énergétique, le dispositif définissait quatre niveaux, de E1 à E4. Le plus exigeant visait un bâtiment à énergie positive. Concrètement, ce bâtiment couvrait ses besoins par une production locale d’énergie renouvelable. Sur le plan carbone, deux niveaux, C1 et C2, fixaient des plafonds d’émissions. Par exemple, une opération se notait E3C1 ou E4C2. Ce couple reflétait donc sa double performance.

Le calcul carbone reposait sur deux indicateurs clés. D’abord, l’Eges agrégeait toutes les émissions du bâtiment sur cinquante ans. Ensuite, l’Eges PCE se limitait aux produits de construction et aux équipements. Ces indicateurs utilisaient les données environnementales des matériaux. Notamment, ils mobilisaient les FDES de la base INIES. Ainsi, ils préfiguraient déjà les indicateurs de performance environnementale. Aujourd’hui, on les retrouve sous les noms d’Ic construction et Ic énergie.

 

Pourquoi le label E+C- a-t-il préfiguré la RE2020 ?

L’expérimentation a joué un rôle de banc d’essai méthodologique. En effet, l’État a collecté les résultats de centaines d’opérations volontaires. Ainsi, il a observé la répartition réelle de l’empreinte carbone. D’un côté, le carbone incorporé des matériaux. De l’autre, le carbone opérationnel lié à l’exploitation. Par la suite, ces enseignements ont nourri la définition des seuils de la RE2020. De plus, ils ont guidé le choix d’une trajectoire progressive de durcissement. La réglementation actuelle reprend d’ailleurs le découpage en modules d’ACV testé pendant l’expérimentation. Pour situer ce cadre, le ministère détaille la réglementation environnementale RE2020. Enfin, notre article sur l’immobilier bas carbone et la RE2020 détaille les leviers concrets.

 

Quelles différences avec la RE2020 et les labels actuels ?

La différence majeure tient au caractère obligatoire. En effet, la RE2020 a rendu réglementaires les indicateurs carbone autrefois volontaires. Désormais, elle impose des seuils à respecter pour obtenir l’autorisation de construire. Par ailleurs, la méthode de calcul a évolué. Concrètement, on est passé de l’ACV statique à l’ACV dynamique. Cette approche pondère les émissions selon leur date d’apparition. De plus, elle valorise davantage le stockage du carbone biogénique.

Une fois l’expérimentation close, des labels privés ont repris sa dimension carbone volontaire. Après le label E+C-, c’est notamment le cas du label BBCA, qui va au-delà des exigences réglementaires. En revanche, la logique énergétique se prolonge ailleurs. Ainsi, elle se retrouve dans le calcul du Bbio et des consommations conventionnelles de la RE2020. Pour relier ces notions, vous pouvez consulter notre mémo des indicateurs RE2020.

 

Que reste-t-il du label E+C- aujourd’hui ?

Le label E+C- est fermé à toute nouvelle demande. Toutefois, il conserve une vraie valeur de référence historique. En effet, les maîtres d’ouvrage labellisés ont acquis tôt une expérience précieuse de l’étude carbone. Dès 2017, cette avance a facilité leur transition vers la RE2020. De même, comprendre cette genèse aide les équipes de conception. Concrètement, elles lisent mieux les études réglementaires actuelles. Par exemple, notre guide pour contrôler ses études RE2020 reprend ces notions. De même, notre dossier sur le calcul ACV et la RE2020 s’appuie sur cette expérimentation fondatrice. En résumé, maîtriser cet héritage aide à anticiper le durcissement des seuils. Ainsi, vous inscrivez vos projets dans une trajectoire bas carbone durable.