RE2028
La RE2028 désigne le troisième palier de la réglementation environnementale RE2020, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2028. Elle se traduit par un nouveau durcissement des seuils carbone applicables aux bâtiments neufs, en particulier sur l’indicateur de l’Ic construction. Concrètement, la RE2028 exige des projets nettement plus sobres en carbone, ce qui oriente la conception vers les matériaux à faible empreinte et les modes constructifs décarbonés.
RE2028 : un palier de la trajectoire RE2020
La RE2020 a été conçue comme une réglementation progressive : plutôt que d’imposer une exigence unique, elle programme un resserrement par étapes des seuils RE2020. Après le palier initial de 2022 et l’étape intermédiaire de la RE2025, la RE2028 constitue une marche supplémentaire. L’objectif est de laisser le temps à la filière de faire évoluer ses pratiques, ses produits et ses approvisionnements, tout en envoyant un signal clair : la performance carbone exigée continue de monter, échéance après échéance.
Des seuils carbone nettement plus stricts
Le cœur de la RE2028 est le renforcement des seuils sur l’indicateur Ic construction, qui mesure le carbone incorporé du bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie. Ce calcul repose sur l’analyse de cycle de vie (ACV) du projet, qui agrège l’impact des produits de construction, des équipements et des consommations d’énergie. En abaissant le plafond admissible, la RE2028 rend insuffisants certains choix constructifs encore acceptables au palier précédent, et pousse les concepteurs à arbitrer plus tôt et plus finement sur la matière.
Vers des modes constructifs plus sobres
Pour respecter les exigences de la RE2028, plusieurs leviers se combinent. Le recours aux matériaux biosourcés, et notamment la construction bois, permet de stocker du carbone et de réduire l’empreinte des structures et des isolants. Le béton bas carbone offre une alternative aux bétons traditionnels là où la matière minérale reste incontournable. Enfin, le réemploi des matériaux évite de produire des composants neufs et diminue d’autant le bilan carbone du projet. Ces trois familles de solutions, employées ensemble, deviennent souvent indispensables pour passer le palier 2028.
Anticiper la RE2028 dès la conception
L’expérience des premiers paliers montre qu’attendre l’échéance réglementaire pour agir crée un risque de non-conformité. La logique de la RE2028 invite donc à intégrer la contrainte carbone très en amont, dès l’esquisse, lorsque les marges de manœuvre sur la trame, la compacité du bâtiment et le choix des matériaux sont encore ouvertes. Plus l’arbitrage carbone est tardif, plus il devient coûteux. Mener une estimation carbone dès la faisabilité, puis l’affiner à chaque phase, est la meilleure façon de sécuriser le respect des seuils 2028.
Le BIM, un atout pour franchir le palier 2028
Le modèle 3D facilite grandement le travail imposé par la RE2028. En reliant ses quantités aux données environnementales des produits, l’ACV peut être calculée de manière fiable et réactualisée à chaque variante. C’est l’approche de Time To Beem, qui exploite le BIM pour produire des ACV RE2020 directement à partir du modèle 3D, et tester rapidement plusieurs hypothèses constructives. Cette capacité à comparer des scénarios devient déterminante quand les seuils se resserrent : elle permet de vérifier, avant de figer un parti, que le projet tiendra bien la cible carbone du palier 2028.
Pour aller plus loin, consultez notre article RE2025 : nouveaux usages, nouveaux seuils, téléchargez la checklist RE2028 pour concevoir bas carbone et le guide ultime de l’architecture RE2025.





