Trajectoire carbone
La trajectoire carbone est le plan de réduction progressive des émissions de gaz à effet de serre, organisé dans le temps, qui permet à un secteur, une organisation ou un projet d’atteindre des objectifs climatiques précis, comme la neutralité carbone à l’horizon 2050. Appliquée au bâtiment, la trajectoire carbone fixe des jalons chiffrés de baisse des émissions, que la RE2020 traduit concrètement par des seuils réglementaires resserrés à échéances régulières.
Le principe d’une trajectoire carbone
Une trajectoire carbone n’est pas un objectif unique fixé à une date lointaine, mais une succession d’étapes intermédiaires qui balisent le chemin vers la cible finale. Elle part d’un point de référence (l’empreinte carbone mesurée à un instant donné) et définit, année après année, le niveau d’émissions à ne pas dépasser. Cette logique de paliers rend l’effort lisible et vérifiable : à chaque jalon, on peut comparer les émissions réelles à la cible visée. La construction d’une trajectoire crédible s’appuie souvent sur un bilan carbone complet, qui distingue les différentes sources d’émissions selon les scopes 1, 2 et 3.
De la SNBC à la neutralité carbone
En France, la trajectoire carbone de référence est portée par la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), qui vise la neutralité carbone à horizon 2050. La SNBC fixe des budgets carbone par période et par secteur, dont celui du bâtiment, l’un des plus émetteurs. Atteindre la neutralité ne signifie pas zéro émission, mais un équilibre entre les émissions résiduelles et les capacités d’absorption, notamment via les puits de carbone. Pour le secteur de la construction, cette ambition se traduit par une priorité donnée aux solutions bas carbone et par le développement du stockage de carbone biogénique dans les matériaux.
La trajectoire carbone dans la RE2020
La RE2020 est l’outil réglementaire qui matérialise la trajectoire carbone du bâtiment neuf. Elle ne se contente pas d’imposer un seuil unique : elle programme un durcissement par paliers des seuils RE2020, étalés jusqu’en 2031. Ces jalons portent principalement sur l’indicateur Ic construction, qui mesure le carbone incorporé des produits de construction et des équipements. À chaque échéance, le plafond admissible se réduit, obligeant les concepteurs à faire évoluer leurs choix constructifs. Les jalons annoncés (les paliers RE2025 et RE2028 notamment) constituent ainsi des bornes successives de cette trajectoire réglementaire.
Comment la mesurer sur un projet
Sur un projet de construction, le respect de la trajectoire carbone se vérifie au moyen de l’analyse de cycle de vie, méthode normalisée qui quantifie les impacts environnementaux du bâtiment sur toute sa durée d’existence. Le calcul s’appuie sur des FDES et des fiches PEP issues de la base INIES, qui fournissent les données environnementales des produits et équipements. Le résultat, exprimé en kgCO2eq par mètre carré, est comparé au seuil réglementaire en vigueur. Cette mesure distingue le carbone incorporé (lié aux matériaux) du carbone opérationnel (lié à l’exploitation du bâtiment), deux leviers complémentaires pour rester dans la trajectoire.
Les leviers pour rester dans la trajectoire
Tenir une trajectoire carbone exigeante suppose d’agir dès la conception. Le recours aux matériaux biosourcés, qui stockent du carbone biogénique, ainsi qu’aux solutions de béton bas carbone permet d’abaisser sensiblement l’indicateur Ic construction. La sobriété dans l’usage de la matière, le réemploi des matériaux et les principes de l’économie circulaire réduisent encore l’empreinte du projet. Anticiper ces choix en amont évite les surcoûts et sécurise l’atteinte des paliers à venir. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article sur l’immobilier bas carbone et la RE2020 ou télécharger notre checklist RE2028 pour concevoir bas carbone.





